Le dossier délicat de l’assurance chômage sera ouvert par les partenaires sociaux , dans un contexte dégradé avec un taux de chômage approchant 11%, une couverture de l’assurance chômage qui touche à peine plus d’un inscrit sur deux et un endettement net cumulé de l’UNEDIC estimé fin 2014 à plus de 22 milliards d’euros ! .
Pour Solidarités Nouvelles face au Chômage, association nationale ayant accompagné 30 000 chercheurs d’emploi depuis près de 30 ans, cette réforme doit prendre en compte quatre principaux aspects.
 Il est urgent de changer le regard de la société sur les personnes au chômage. Parlons de chercheurs d’emploi et bannissons les termes de « chômeurs » ou « demandeurs d’emploi », trop stigmatisants et peu conformes à la réalité. Donnons une vraie citoyenneté aux chercheurs d’emploi en leur permettant d’être représentés dans les instances de concertation ou de décision tels que le Conseil Économique, Social et Environnemental, le Conseil d’Orientation pour l’emploi et surtout le Conseil d’Administration de Pôle emploi.
 Une deuxième priorité est d’adapter le système d’indemnisation du chômage à la réalité du marché du travail. La précarisation du marché du travail oblige aujourd’hui les actifs à de fréquents allers retours entre emploi et chômage. Or, le dispositif d’indemnisation couvre mal ce risque. Il convient donc de corriger cette injustice par une surpondération des périodes d’emploi de courte durée pour le calcul des droits ouverts.
 La question de l’élargissement de l’assurance chômage à l’ensemble des salariés et des non‐salariés doit également être posée. Comme c’est déjà le cas pour le système de santé ou de retraite, nous proposons l’élargissement de la base cotisante à tous les bénéficiaires de revenus professionnels : salariés de la fonction publique, artisans, entrepreneurs. Cet élargissement de la couverture chômage permettrait de passer de 16,5 millions de cotisants à plus de 25 millions et de résorber ainsi les déficits actuels du régime.
 Enfin, ouvrir la médecine du travail aux chercheurs d’emploi serait une vraie avancée sociale alors que toutes les études montrent que plus le chômage s’allonge, plus la santé des chômeurs se dégrade, avec un risque annuel de décès trois fois plus élevé qu’un actif occupé du même âge.
Il ne reste plus aux négociateurs qu’à s’emparer du sujet pour mener une réforme structurelle en profondeur.
Plutôt qu’un débat à huit‐clos entre partenaires sociaux, c’est un débat national – entre politiques, syndicalistes, employeurs, salariés, chercheurs d’emploi, responsables associatifs et citoyens – qui devrait être engagé sur un problème de société qui concerne plusieurs millions de personnes.

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