Près d’un chômeur sur quatre a plus de 50 ans et plus de 40 % des chômeurs le sont depuis plus d’un an.

Une stabilisation pour les jeunes grâce à un fort traitement social

« L’inversion est déjà une réalité pour les jeunes » : c’est le point positif que ne manque jamais de pointer Michel Sapin. De fait, la décrue du chômage des moins de 25 ans est quasi continue depuis avril, qui a marqué, en volume mais pas en taux, un record historique, avec alors 560.000 jeunes de moins de 25 ans n’ayant pas du tout travaillé dans le mois. Mais la pente est limitée : avec une baisse moyenne d’à peine 3.000 par mois depuis mai, le chômage des jeunes n’a que retrouvé son niveau, toujours élevé, du début d’année, alors qu’entre-temps près de 100.000 emplois d’avenir, financés à 75 % par l’Etat, ont été signés. Le constat est globalement le même en incluant les jeunes chômeurs travaillant en partie (catégories B et C). En catégories A, B et C, Pôle emploi comptait au total fin décembre 771.000 inscrits de moins de 25 ans, soit 6.000 de plus qu’un an auparavant.

Les seniors dans une spirale infernale

C’est à l’opposé un constat sur lequel Michel Sapin s’attarde bien moins souvent… Il est de fait peu flatteur : en 2013, pas un mois n’est passé sans que le chômage des plus de 50 ans augmente, grimpant ainsi, en catégorie A, de 662.000 fin 2012 à 743.000 fin 2013. Cela représente une hausse de 12,3 % en un an, un rythme deux fois plus rapide que la progression globale du chômage. Dans une évolution parallèle à celle du chômage de longue durée, le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a doublé en cinq ans, pour franchir en juin la barre, record, du million (catégories A, B et C).

Si les jeunes ont profité des contrats aidés et si les 25-49 ans, traditionnelle cible privilégiée des entreprises, restent les premiers à bénéficier de tout frémissement du marché de l’emploi, les seniors, eux, cherchent encore et toujours des raisons d’espérer. Le gouvernement mise sur le contrat de génération, au démarrage toutefois laborieux, et sur la réforme des retraites pour soutenir le maintien dans l’emploi des plus de 50 ans. Mais ramener dans l’emploi ceux qui en ont été exclus sera autrement plus complexe.

Plus de 2 millions de chômeurs de longue durée

C’est le gros point noir, fruit de la durée de la crise et illustration de son profond impact : le nombre de chômeurs inscrits depuis plus d’un an à Pôle emploi atteint d’inquiétants sommets. En hausse continue depuis… avril 2008, il a plus que doublé en cinq ans et la barre des 2 millions (catégories A, B et C) a été franchie en septembre, jusqu’à atteindre désormais 2,054 millions. Le chômage de longue durée frappe désormais 42 % des inscrits à Pôle emploi, record de 1999 désormais battu. Pire encore, parmi ces demandeurs d’emploi, un sur deux est à présent inscrit depuis plus de deux ans ; autrement dit, particulièrement éloigné de l’emploi. Conséquence directe, un nombre croissant de chômeurs sont en fin de droits. Fin décembre, 803.000 personnes (+ 13 % en un an) étaient inscrites à Pole emploi et touchaient le RSA.

Toutes les régions sont touchées mais avec de fortes disparités

Vingt-deux sur vingt-deux : pas une région n’aura été épargnée en 2013, comme les années précédentes. Idem pour les quatre DOM. Si, numériquement, c’est sans surprise la plus peuplée, l’Ile-de-France, qui enregistre la plus forte progression, l’évolution nette dresse plus clairement le palmarès des évolutions territoriales. Sept régions ont vu leur nombre d’inscrits dans les catégorie A, B et C progresser de plus de 6 % : Corse (+ 10,4), Pays de la Loire (+ 8,1), Ile-de-France (+ 7,6), Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Lorraine et Centre (de + 6,2 à + 7,3). Six autres affichent un taux de progression égal ou inférieur à 5 % : Nord-Pas-de-Calais (+ 3,1), Bourgogne (+ 3,7), Franche-Comté (+ 4,4), Haute-Normandie, Poitou-Charentes et Limousin.

Les hommes plus touchés que les femmes

Comme en 2012, mais à l’inverse de 2011, le chômage des hommes (+ 6,4 %) a davantage progressé que celui des femmes (+ 4,9 %) en 2013, constat qui se vérifie aussi bien chez les jeunes, les seniors que chez les 25-49 ans, et que l’on inclue ou pas les chômeurs des catégories B et C. En catégorie A, 52,5 % des inscrits sont désormais des hommes.

D. P., Les Echos

 

Lien : http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0203267350003-le-chomage-des-jeunes-est-stabilise-mais-celui-des-seniors-continue-de-s-envoler-645942.php?xtor=RSS-2

 

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