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Si le taux d’activité des seniors de plus de 60 ans augmenté de 20 points en dix ans, cela s’est également accompagné d’une forte hausse du chômage de longue durée (plus d’un an) qui concerne … 62% des chômeurs de plus de 55 ans.

 

« Emploi des seniors et trajectoires de fin de carrière », c’est le thème sur lequel ils vont « plancher » jeudi 6 février les membres du Conseil d’orientation des retraites (COR), alors que les dernières statistiques du chômage montre la situation très préoccupante des seniors face au chômage.

De fait, en une dizaine d’années, la situation des plus de 55 ans face à l’emploi a bien évolué, en raison, notamment, des différentes réformes intervenues en matière de retraite et de la fin de la plupart des mécanismes de départ anticipé. Les documents préparatoires à la réunion précisent ainsi que, en 2012, en France métropolitaine, 47,9 % des personnes âgées de 55 à 64 ans, dont 72,5 % entre 55 et 59 ans et 23,1 % entre 60 et 64 ans, sont actives, c’est-à-dire en emploi ou au chômage. Dans le détail, 44,5 % des 55-64 ans sont en emploi et 3,4 % au chômage.

Le taux d’activité des plus de 60 ans a progressé de 20 points en dix ans

A structure démographique inchangée, le taux d’activité des seniors a augmenté de 3,6 points au cours de l’année 2012, à un rythme aussi rapide pour les 55-59 ans que pour les 60-64 ans. Entre 65 et 69 ans, on ne compte que 6 % d’actifs mais le taux d’activité y est également en hausse.

Entre 2003 et 2012, l’évolution est très importante. Les taux d’activité ont augmenté à tous les âges entre 55 et 69 ans, pour les hommes comme pour les femmes. A 60 ans, un peu plus de 40 % des hommes et des femmes sont actifs en 2012, soit environ 20 points de plus qu’en 2003 et, à 65 ans, les taux d’activité sont de 10 % pour les hommes et de 7 % pour les femmes, soit des progressions de près de 4 points par rapport à 2003.

La hausse du taux d’emploi, à structure démographique inchangée, des 55-64 ans s’est poursuivie en 2012, au même rythme qu’en 2011 (+ 3 points) En 2011 et en 2012, le taux d’emploi des seniors a progressé deux fois plus vite que la progression annuelle moyenne observée entre 2007 et 2010.

Un taux de chômage qui évolue comme le reste de la population

De 2008 à 2012, les variations du taux de chômage (au sens du Bureau international du travail) des 55-64 ans ont été proches de celles concernant l’ensemble de la population active (+ 3 points), alors que le taux de chômage des séniors avait tendance, auparavant, à réagir moins fortement aux fluctuations conjoncturelles que le taux de chômage global. Le poids régulièrement croissant des seniors dans la population en âge de travailler depuis 2000 et leur présence accrue sur le marché du travail se traduisent en outre par une augmentation relative du nombre de chômeurs nettement plus marquée pour les séniors que pour les moins de 55 ans.

En moyenne sur l’année 2012, le taux de chômage des seniors (55-64 ans) est de 7,1 % (7,3 % pour les hommes et 6,9 % pour les femmes), un taux inférieur de 2,7 points à celui de l’ensemble de la population active.

La fermeture progressive des dispositifs de cessation anticipée (notamment les préretraites) a pu avoir ces dernières années un impact sur le taux de chômage des seniors, en particulier la fermeture du dispositif de dispense de recherche d’emploi. Depuis 2008, chaque année, une proportion moindre de personnes de 55-59 ans bénéficient d’un dispositif public de cessation anticipée d’activité. Fin 2012, seuls 2,8% des hommes et 1,2% des femmes de 55-59 ans sont concernés.

Pas davantage de ruptures conventionnelles pour les séniors

S’agissant des salariés en contrat à durée indéterminée (seuls concernés potentiellement par une rupture conventionnelle), on constate en 2012, pour la tranche d’âge 56-59 ans et par rapport aux tranches d’âge précédentes, une proportion sensiblement plus élevée des fins de CDI, qui se manifeste par des licenciements plus nombreux (à la fois économiques et autres) et des ruptures conventionnelles, mais sans que cela soit spécifique à ce dernier mode de rupture. La part des salariés âgés de 56 à 60 ans dans les fins de CDI, hors démissions, n’a pas varié à la suite de la mise en place de la rupture conventionnelle. En 2012, comme en 2007, 10 % des fins de CDI hors démissions concernent des salariés âgés de 56 à 60 ans, contre environ 7 % entre 52 et 55 ans.

Les seniors particulièrement concernés par le chômage de longue durée

Si le taux de chômage reste inférieur à celui de la population active dans son ensemble, les chômeurs âgés le sont plus souvent pour une longue durée. Depuis 2006, le taux de chômage de longue durée (c’est-à-dire, au moins un an au chômage) des 55-64 ans est supérieur à celui des 30-49 ans, avec un écart maximum, par rapport aux années précédentes, de 1,1 point atteint fin 2012 (respectivement 4,7 % et 3,6 %). Ainsi, la part des chômeurs de longue durée atteint 62 % parmi les chômeurs âgés de 55 à 64 ans et 43 % parmi ceux de 30 à 49 ans.

Lorsque l’âge augmente, les retours à l’emploi deviennent de moins en moins fréquents : sur la période 2009-2011, alors qu’à 30 ans 25 % des personnes sans emploi (au chômage ou inactives) ont trouvé un emploi un an après, à 45 ans elles ne sont plus que 19 % et à 55 ans 8 %. Néanmoins, le taux de retour à l’emploi des chômeurs quinquagénaires a progressé au cours des dernières années : pour les 50-54 ans, le taux de retour à l’emploi des chômeurs est passé de 23 % sur la période 2004-2008 à 27 % sur la période 2009-2011 et pour les 55-59 ans, il a progressé de 8 % à 11 % sur les mêmes périodes.

Plus de la moitié des 55-59 ans qui ont retrouvé un emploi en tant que salarié travaillent à temps partiel, et cette proportion augmente régulièrement avec l’âge.

 

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